Chromolithographie du 19e siècle. Description  : A droite, la Cour, assise. A gauche, deux hommes, Babeuf et Darthé se plantent un poignard dans le cœur. A l’arrière-plan, un gendarme se précipite ; derrière, le public assis.

 

François Noël Babeuf est né en 1760 d’un père fermier du Roi. Après avoir travaillé très jeune chez un terrassier, il est employé comme apprenti dans une étude de notaire et devient un spécialiste du droit féodal. Il exerce ensuite à son compte comme géomètre.

Il se marie en 1782, avec Marie Langlet, duquel il aura cinq enfants.

En 1789, il participe à l’élaboration des cahiers de doléances de Roye où il réside. Il devient journaliste, correspondant du Courrier de L’Europe (édité à Londres) et oscille entre Roye et Paris. Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions, ce qui lui vaut une arrestation le 19 mai 1790. Il est libéré grâce à la pression de Marat.

Il fonde en 1790 son propre journal le Correspondant Picard dans lequel il s’insurge contre le suffrage censitaire mis en place lors des élections de 1791. Son journal disparaît quelques mois plus tard mais Babeuf poursuit sa mobilisation aux côtés des paysans et des ouvriers picards. En août 1792, Babeuf est élu à l’assemblée électorale de la Somme. Mais mis en cause dans une affaire de droit commun alors qu’il est administrateur au district de Montdidier, il doit fuir à Paris en février 1793.

Arrivé à Paris, il prend position pour les Jacobins contre les Girondins. Il entre en mai 1793 à la Commission des subsistances de Paris, où il soutient les revendications des sans-culottes et ose dénoncer un nouveau pacte de famine organisé par le procureur général de la Commune, ce qui suscite contre lui des violentes haines.

À partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse (devenu ensuite Le Tribun du peuple). Il combat violemment dans ce journal la réaction thermidorienne et acquiert ainsi une forte audience. Il adhère cette même année au Club électoral, club de discussion de sans-culottes, dans lequel il demande le 3 novembre que les femmes y soient admises.

Accusé d’outrage envers la Convention nationale, il est une nouvelle fois arrêté et emprisonné. Il bénéficie de la loi d’amnistie du 18 octobre 1795 et retrouve sa liberté.

Mais la politique de répression est de plus en plus forte : la fermeture du club du Panthéon dans lequel adhéraient de nombreux partisans et amis de Babeuf entraîne des tentatives d’arrestations, auxquelles il échappe. Il entre alors dans la clandestinité. Cette situation aboutit à la création de la « Conjuration des égaux » qu’il dirige, dans laquelle il préconise une changement radical de la société : l’abolition de la propriété privée doit rendre tous les Français égaux. Le but de cette « Conjuration » est d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production pour obtenir la parfaite égalité. Et l’action pour y arriver est de renverser le Directoire. Leur propagande se répand dans tous les faubourgs de Paris et dans de nombreuses villes de province.

Grâce aux informations d’un indicateur, Babeuf et ses complices sont arrêtés en 1796 et une haute cour est constituée pour les juger le 20 février 1797. Le procès se déroule du 20 février au 26 mai 1797, en présence de deux ministres. Babeuf et l’un de ses complices Darthé sont condamnés à mort. Plusieurs autres sont condamnés à la déportation, et une majorité est acquittée.