Née en 1888 à Orléans d’un père employé de chemin fer et d’une mère sans profession, Suzanne Aupourrain étudie le droit et devient lorsqu’elle prête serment en 1909 la 9e avocate en France. Elle épouse en 1905 un médecin de nationalité roumaine, Orléans Grunberg, exerçant à Paris, avec lequel elle aura trois enfants.

En 1914, elle est appelée au Comité central de l’Union française pour la cause des femmes et participe durant toute la guerre à de nombreuses conférences sur la lutte contre l’alcoolisme, mettant en avant le calvaire des épouses et des enfants des hommes qui en sont atteints.

A partir de 1916, elle enseigne le droit civil à HEC jeunes filles. Elle publie aux éditions Albin Michel un ouvrage, préfacé par Henri Robert, intitulé : Le droit des veuves et des orphelins de guerre, salué par la presse comme un guide précieux dans lequel elle a mis « sa science du droit et son cœur » (Le Journal des débats politiques et littéraires, 1er août 1916).

Féministe engagée elle étudie de nombreux sujets permettant de faire avancer les droits des femmes : en 1916 le journal La Française rapporte une étude sur le droit des femmes mariées de ne plus « suivre » le nom de leur époux. Cette même année, en avril, elle présente, au congrès de l’Union française pour le suffrage des femmes, un rapport sur  le projet de loi sur les pensions militaires des veuves, orphelins et ascendants. Elle poursuit sur ce sujet en 1917 en étudiant le rapport de son confrère Pierre Masse, alors sous-secrétaire d’Etat à la guerre, sur les pensions militaires dans lequel il demande le relèvement du prix des pensions, une indemnité pour les enfants et une allocation pour les ascendants.

Elle plaide, comme ses consœurs, remarquablement dans les conseils de guerre : « l’une d’elles Mme Suzanne Grinberg s’est fait une spécialité des poilus qu’elle défend de tout son cœur et avec tout son talent » écrit Lectures pour tous : revue universelle et populaire illustrée dans son numéro du 1er avril 1917.

Elle crée, en 1928, l’Association des femmes juristes.

Elle sera la première femme admise à la direction de la Confédération des travailleurs intellectuels et à l’Association nationale des avocates, et en 1933, la première à recevoir la légion d’honneur à titre professionnel.

Dessin original daté de 1922

 

Bibliographie :

Article écrit par Suzanne Grunberg dans le bulletin hebdomadaire de l’Armée du Salut, 5 août 1916