André Marie Jean Jacques Dupin effectue ses études de droit  Paris. En 1800, il entre comme clerc chez un avoué. Il devient docteur en droit en 1806. Il se porte candidat à une chaire de droit à Paris en 1810 sans succès, et s’inscrit au Barreau de Paris.

Lithographie de Ducarme, 19e siècle.

Avocat, Bâtonnier du Barreau de Paris (1829-1830), il est nommé procureur général près la Cour de cassation en 1830, fonction qu’il exerce jusqu’en 1852, puis de 1857 à 1865. Libéral sous la Restauration, Dupin devint ensuite un homme de pouvoir. Député en 1815, puis président de la Chambre des députés entre 1832 et 1839, il devient président de l’Assemblée législative en 1849, puis sénateur en 1857.

En tant qu’avocat, il jouit d’une excellente réputation et défend, avec son confrère Pierre Nicolas Berryer, le Maréchal Ney devant la chambre des Pairs. Il publiera d’ailleurs en 1815 un mémoire « Libre défense des accusés ».

En 1815, le Maréchal Ney, fidèle de Louis XVIII, se rallie à Napoléon, facilitant le retour de ce dernier à Paris. Peu après la défaite de Waterloo le 18 juin 1815, Ney choisit de trouver refuge en province. Il est recherché pour avoir trahi le Roi et arrêté le 5 août 1815. En vertu d’une ordonnance royale du 24 juillet 1815, il comparaît devant un Conseil de guerre et est défendu par Dupin Aîné et Berryer père, qui décident de décliner la compétence des juges militaires, en raison de la qualité de pair de France du Maréchal. Le Conseil de guerre se déclare incompétent pour juger cette affaire le 10 novembre 1810. « Accusé de haute trahison et d’attentat contre la sûreté de l’Etat », une ordonnance royale confie à la Chambre des Pairs le soin de le juger : une écrasante majorité se prononce le 6 décembre 1815 pour la peine de mort, appliquée le lendemain.

Il défend également le Journal des Débats traduit le tribunal correctionnel pour un article intitulé « Malheureuse France, malheureux Roi » en 1829.

Lors de ses plaidoiries, il convainc le grand public mais surtout le Duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, pour lequel il plaidera, avec succès, l’affaire de la restitution de Palais-Royal et de la fortune immobilière qu’il veut récupérer. Il deviendra par ailleurs son exécuteur testamentaire.

Certains artistes ont laissé de lui une image plutôt flatteuse, notamment le sculpteur David d’Angers, auteur d’un beau médaillon en 1828. Mais d’autres, comme Honoré Daumier, ont caricaturé férocement le haut magistrat. La sculpture et la lithographie de Daumier ont été réalisées en 1832.

Bronze de David d’Angers, 1828.

 

Lithographie aquarellée de Daumier, 1832, parue dans « La Caricature », du 14 juin 1832.